Broderies, de Marjane Satrapi

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Depuis sa première œuvre (Persepolis), je lui suis absolument fidèle, et n’ai pas raté une seule de ses BD. Le terme d’ailleurs me dérange ; j’aurais tendance à lui préférer « roman dessiné » tant les thèmes abordés sont profonds, justes, et le texte est présent.

Dans Broderies, le thème est celui complexe de la sexualité féminine en Iran, et plus largement de la condition féminine dans le pays. Sous la plume et le coup de crayon de Marjane s’affrontent différentes générations de femmes (et ne croyez pas que les plus âgées soient les plus prudes !) et l’on entrevoit rapidement les enjeux qui se cachent derrière cette difficile question de la sexualité et du mariage.

S’enchainent alors les histoires personnelles (certaines à dormir debout) de ces femmes qui discutent pendant que les hommes font leur sieste. Evidemment au milieu d’elles, Marjane, alors jeune fille. On ne sait jamais vraiment si les situations sont totalement réelles ou romancées, mais on se laisse à chaque fois emporter par le rythme, l’humour et la finesse de l’auteur/narratrice.

Et surtout, page après page, elle fait tomber les tabous avec ses mots crus mais jamais vulgaires. On découvre les dessous d’une société que l’on a trop souvent tendance à sous-estimer en Occident. Cette œuvre est une fois de plus un hymne à ce pays que l’on connaît finalement si mal en croyant si bien le connaître, et un pied de nez magnifique aux images trompeuses et réductrices que nous délivrent les médias. Très belle réussite !

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La soirée Obama, d’Isabelle Miller

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Ce roman est une prouesse littéraire et stylistique. Extrêmement travaillé, on ressent en le lisant les heures de construction que l’auteur y a passées, on l’imagine revenant sans cesse en arrière, peaufinant ses phrases, ses histoires, ses mots… C’est pour cette raison qu’il s’agit là d’une œuvre qu’il faut, malgré son format qui donne envie de le lire d’une traite, prendre le temps de lire et de comprendre. L’abord n’est pas aussi simple et transparent qu’un Katherine Pancol, c’est évident, mais c’est aussi ce qui fait de La soirée Obama une œuvre infiniment plus intéressante. Car quel intérêt et quel plaisir à lire un livre (autrement que sur une plage!) auquel on s’attend, qu’on n’a pas besoin d’appréhender pour en comprendre toutes les aspérités et toucher du doigt le travail de l’auteur ?…

Il s’avère que je l’ai rencontrée Isabelle Miller, à l’occasion d’une séance de dédicace où j’ai pu discuter quelques minutes avec elle et saisir la passion de la littérature qui l’anime. J’ai aussi appris qu’elle avait mis pas loin de 2 ans pour écrire ce livre de 140 pages. Elle a choisi la qualité à la quantité, et elle a bien raison, parce qu’aujourd’hui c’est rare et surtout précieux. Ses personnages n’en perdent pas pour autant en psychologie (bien au contraire!) ni en profondeur, ses phrases sont parfaitement ciselées et ses scénarii creusés. Ma devise ultime à ce sujet : dans la “guerre » qui oppose les petits diamants bien taillés aux gros Zyrcon peu travaillés, je choisis sans hésiter les premiers. Et cela a toujours porté ses fruits…

Si je devais résumer cet ouvrage par une expression, je choisirais sans aucun doute la si connue « Le diable est dans les détails”. Car c’est typiquement le genre de livre qu’on ne lit pas de la même façon si c’est la première, la deuxième ou la troisième fois. Ceux qui me suivent depuis quelques temps savent que c’est pour moi un critère discriminant pour affirmer que je tiens là un bon livre. Il peut alors y avoir plusieurs formes à cette redécouverte permanente : soit la fin est tellement surprenante qu’en la connaissant l’histoire n’a plus le même sens, soit les mots sont si travaillés qu’à la relecture ils prennent tout leur sens, ou encore -et c’est sans aucun doute le cas du roman d’Isabelle Miller-, la structure est si minutieusement pensée et écrite, que des rappels sont sans cesse introduits entre les parties, des mots répétés, des noms redonnés, des références subtilement glissées, etc. Et on n’a alors qu’une envie en le lisant, c’est de revenir en arrière, comme un jeu de piste, de chercher où se cachait déjà auparavant cette référence, où est-ce qu’on a déjà lu ce prénom, entendu cette phrase, rencontré ce personnage… C’est à ce moment-là que tout s’illumine et que le terme “roman » prend tout son sens.

Car oui, à l’ouverture du livre, et jusqu’au 3ème chapitre environ, il nous semble être en possession d’un recueil de nouvelles : chaque histoire est différente, les personnages ne sont pas les mêmes d’un chapitre à l’autre. Là encore, un véritable exercice de style, car tout est narré d’après le point de vue interne du personnage principal (qui change donc à chaque partie) et à la première personne. Sauf que l’ensemble est écrit par une seule personne, et que c’est imperceptible. Elle est là la prouesse…

Des nouvelles qui n’ont rien à voir et pourtant un thème commun: la célébrité. Ou plutôt l’approche de celle-ci. Car chaque histoire ne raconte pas celle d’une célébrité, mais celle de celui qui se trouve “tout près ». D’où les titres des parties: sa filleson agentson livreson musée… Tous ces gens « à côté », qui la frôlent mais ne la touchent pas, et qui en sont pourtant si près qu’ils pourraient s’en brûler les ailes. 
Et voilà que le fil rouge n’est pas simplement ce thème de la célébrité, mais une soirée, qui se déroule au premier chapitre (à l’occasion de la première élection de Barack Obama) et où tous les personnages que vous rencontrerez par la suite sont présents. Un conseil donc, lisez ces premières pages attentivement pour vous familiariser avec ceux qui vous accompagneront ensuite pendant votre lecture.

Comme vous le voyez, je pourrais vous en parler pendant des pages, car une construction si étudiée donne des envies d’envolées lyriques…! Mais je rentrerai à présent dans le vif du sujet pour vous faire part de mon coup de cœur, l’avant-dernier chapitre, Son livre. Un hymne à l’amour, à l’écriture et à l’amour de l’écriture, dont voici de loin mon extrait préféré :

Chacun porte en soi un livre rêvé, le livre idéal qui dit tout de nous et du monde. Il arrive parfois que l’on trouve ce livre déjà tout fait, fort commodément écrit par quelqu’un d’autre, ce qui nous dispense de l’écrire nous-même. Il peut s’agir de Babar l’éléphant ou de À la recherche du temps perdu. On le referme ébloui, apaisé, prenant rendez-vous avec soi dans le futur pour le relire. Je crois qu’un écrivain est un malheureux qui doit se résoudre à écrire son propre livre après avoir bien vérifié dans les librairies et dans les bibliothèques que décidément personne d’autre ne l’a écrit à sa place. Aussi, plus il y a de livres, moins a-t-on besoin d’écrivains. »

Et bien voilà Madame Miller, ça c’est exactement le genre de paragraphe que j’aurais aimé écrire… Et si, on a encore besoin d’écrivains. D’écrivains comme vous.

Le temps des métamorphoses, Poppy Adams

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« Poppy Adams, le temps des métamorphoses, ton prochain livre. Excellent! Incroyable, je le garde pour le nouveau Balzac.» C’est comme ça qu’une amie me l’a conseillé cet été. Evidemment, j’ai foncé !

Ce roman, c’est avant tout une ambiance. Celle d’une grande maison isolée, froide et lugubre au fin fond de la campagne anglaise durant la deuxième moitié du XXème siècle, où vit une vieille dame malade qui attend que revienne sa sœur qu’elle n’a pas vue depuis 30 ans. On pénètre alors par la lourde porte grinçante de l’entrée dans cette demeure qui a quelque chose des manoirs hantés des romans gothiques de Poe. Parfois même, l’atmosphère est un peu pesante ; même si elle est très bien rendue et décrite par l’auteur qui nous emmène dans son monde sans que l’on n’ait rien demandé.

Puis ce sont les secrets de famille, les rancoeurs, les batailles, les drames, qui refont surface à l’arrivée de cette sœur presque perdue mais jamais oubliée. Sur fond de chasse et d’étude de papillons, elles croient se retrouver comme avant… Mais c’est oublier le passé si lourd qui les unit. Jusqu’au bout, on est happé par cet univers noir et inquiétant -qui n’est pas sans rappeler un bon Hitchcock-, sans avoir une idée de la manière dont tout ce jeu pourrait bien prendre fin. La tension est palpable, le suspense dérangeant… Tout cela dans une écriture extrêmement fine, descriptive sans l’être trop.

Je comprends très bien son allusion à Balzac : une même finesse dans la description, un portrait humain d’une grande justesse et la retranscription à la perfection d’une atmosphère particulière. Néanmoins bien sûr, des détails modernes ne trompent pas : le rythme est soutenu, le suspense important, ces petites choses qui font que l’on va au bout du roman sans s’en rendre compte et sans peiner – comme beaucoup le ressentent à l’inverse aujourd’hui à la lecture d’un Balzac malheureusement !

Et alors, comme un papillon qui sort de sa chrysalide, le roman, l’écriture, le dénouement, tout cela se révèle et se dévoile dans une lente progression jusqu’au dernier mot de ce roman si particulier.

L’île des oubliés, de Victoria Hislop

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Il est des livres qu’il ne faut surtout pas manquer. Celui-la en fait partie : c’est un roman comme il en sort un tous les trois ans, le genre d’histoire qui vous prend, vous emmène là où vous ne l’attendez pas et ne vous lâche plus, y compris bien après la lecture. Cela faisait des lustres que je n’avais pas ouvert un roman de cette envergure… Pourtant il était bien caché dans les rayons de la FNAC et ne devait faire que remplir le rôle d’un “bon roman de plage »… Ce n’est que maintenant que les critiques commencent à en parler, les lecteurs à s’émerveiller, alors que la rentrée littéraire occupe tous les médias.

Dans l’Ile des oubliés, vous partez en Crête, et n’êtes pas prêts d’en revenir. Construit comme un roman “flashback », on y suit la vie de trois générations de femmes ; la dernière, la plus jeune, remonte peu à peu l’histoire de ses aînées. Cette histoire va l’emmener à Plaka, un petit village crétois, qui fait face à l’île de Spinalonga, la tristement célèbre « île des lépreux ». Elle découvre alors petit à petit les tragédies vécues par sa famille, tente de rassembler les morceaux du puzzle… et nous embarque avec elle dans son incroyable périple à travers les âges.

Cette fresque s’inscrit comme une réelle découverte culturelle, ou se mêlent passion, amour, haine, trahison, maladie, guérison, Histoire… Et surtout elle véhicule un formidable message de tolérance et de courage, à travers ces vies exilées, qui faisaient tout sauf se lamenter sur leur sort. Et même, il semblait régner sur cette île une véritable atmosphère de bonheur et de sérénité… Il nous faut alors saluer l’incroyable travail de documentation auquel Victoria Hislop à du s’atteler, et sa merveilleuse façon de le retranscrire.

Vous l’aurez compris, s’il y a un livre que vous devez absolument lire en cette rentrée littéraire qui s’annonce comme chaque année commerciale, éclectique et “bordélique », c’est bien celui-ci!

Le confident, de Hélène Grémillon

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Voici un premier roman extrêmement réussi. Tout y est : une écriture fine et envoûtante, un suspense très bien ficelé, un sujet dramatique qui prend aux tripes et des personnages attachants comme tout… On ne décroche pas facilement de ce livre, qui nous remue du début à la fin. Ne vous attendez pas à rire en revanche, cette œuvre est pleine d’une gravité et d’une violence (tant psychologique que physique) transcrites avec brio, qui interpellent, bousculent, intriguent, mais fascinent.

Hélène Grémillon nous plonge dans l’intimité  de ses personnages, tous décrits avec une profondeur inouïe. Ils nous racontent leur histoire. D’un côté les destins de Louis, Annie, Madame M qui se croisent, leurs relations qui se font et se défont alors qu’éclate la seconde guerre mondiale… Pour lier le tout, un secret bien trop lourd à porter. De l’autre Camille, qui vient de perdre sa mère, attend son premier enfant, et qui se retrouve mêlée sans le vouloir au récit de ces vies… reçus au milieu des lettres de condoléances. Au fur et à mesure que le roman avance, on accumule les découvertes, les évènements se tissent les uns après les autres… Jusqu’à la fin, où tout s’éclaire.

Beaucoup d’éléments font l’originalité de ce livre : la forme tout d’abord, qui allie passages épistolaires et passages narrés, fait appel aux mises en abîme narratives, à l’image d’un “roman à tiroirs ». La fin, qui, pour une fois (et ça fait du bien!) clôt le récit tout en laissant imaginer ce que pourrait être la suite de l’histoire. Et encore une fois, le suspense, si rare dans un roman qui n’est pas policier, et qui ne s’arrête qu’à la dernière ligne. On sent le travail qu’a dû fournir l’auteur pour nous livrer une oeuvre aussi complète, achevée, ficelée. Rien n’est laissé au hasard, tout a un sens.

On n’a plus qu’à remercier Hélène Grémillon pour cette jolie confidence murmurée avec la plus grande délicatesse sur plus de 300 pages…

La vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre

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C’est le titre qui m’a tout de suite attirée, et le bandeau rouge “Prix Femina 2010″. Autant je ne suis pas spécialement sensible à certains grands prix littéraires comme le Goncourt, récompensant trop souvent à mon goût plus les auteurs et leur complexité que les œuvres, autant généralement le prix Femina fait exception et sacre des œuvres très abordables et envoûtantes, comme les excellents “Lignes de faille » de Nancy Houston, “Les adieux à la reine » de Chantal Thomas (à ne pas confondre avec Chantal Thomass 🙂 ) ou encore “Où on va Papa » de Jean-Louis Fournier.
Et d’ailleurs, pourquoi Femina? (un peu d’histoire ne fait pas de mal!) Tout simplement car il s’agit d’un prix remis par un collège uniquement constitué de femmes ; créé en 1904 sous la direction d’Anna de Noailles, il avait pour objectif de contrer le Goncourt, qui était remis à des hommes par des hommes. Même l’histoire du prix est alléchante…

Bref, imaginez un roman qui s’appelle La vie est brève et le désir sans fin. Même sans connaitre l’histoire, on s’attend à une histoire délicate, à un livre très bien écrit et à une certaine mélancolie maîtrisée.
Et bien ce n’est rien de tout ça. Ce livre n’est qu’une lente descente aux enfers de personnages déprimés et déprimants, qui n’en sont donc que très peu attachants. Louis, le héros, est un homme perdu entre sa femme et sa maîtresse, sans plus une once de joie ou de vie en lui. Cette maîtresse, une certaine Nora, anglaise qu’on imagine pétillante et pimpante, excentrique, se révèle en fait complètement névrosée, frôlant de trop près la folie. Quant à la femme, Nadine, c’est la seule qui nous paraît à peu près normal, même si elle traîne une forme de résignation et de lassitude qui nous fatigue.

Il est des romans dont on a hâte qu’ils se terminent tellement ils nous laissent un goût amer et celui-la en fait partie. Jusqu’à sa conclusion, qui ressemble plus ou moins à une queue de poisson, comme c’est malheureusement beaucoup le cas dans les romans contemporains où les auteurs pensent (à tort) qu’il leur faut montrer toutes leurs prouesses techniques dans les dernières lignes, à coup de phrases très “stylisées », le plus souvent incompréhensibles ou laissées à l interprétation de chacun. Ce qui donne des fins qui n’en sont pas et où l’on se demande même si l auteur lui-même a été au bout…

Dommage pour un roman si joliment intitulé… Plus que jamais, “l’habit ne fait pas le moine »!

Le chuchoteur, de Donato Carrisi

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Il est parfois difficile de trouver un excellent policier. Beaucoup sont “bien menés », “prenants », “palpitants » même, mais peu sont juste excellents. Et pourtant c’est le cas du Chuchoteur.

Évidemment, comme tout bon policier qui se respecte, l’intrigue est prenante, le rythme effréné, le synopsis vraiment glauque. Des meurtres à répétition de petites filles tout aussi horribles les uns que les autres, ça ne laisse pas indifférent.
Mais là, c’est encore plus que ça. Le Chuchoteur, c’est aussi un roman psychologique écrit avec une plume extrêmement fine. On ne voit rien venir, on se laisse totalement porter. De toute façon ça ne servirait pas à grand chose d’émettre des hypothèses quant à l’intrigue ou à la résolution de l’enquête car l’auteur prend un malin plaisir (avec un génie déconcertant, qu’on se le dise) à brouiller les pistes et à créer des rebondissements à chaque chapitre.

On voit les pages passer, dangereusement, et on redoute le moment où tout cela va s’arrêter, même si on n’a qu’une envie, c’est que ce salaud se fasse coincer. Par les inspecteurs parfois insupportable mais tellement charismatiques, et par un auteur qui s’inscrit dans la cour des très grands auteurs policiers.. Bravissimo Signore Carrisi! E grazie mille!

La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt

Si vous avez aimé l’excellent L’élégance du hérisson,vous aimerez ce petit roman tout neuf. Non pas que les scénarii se ressemblent particulièrement, mais les héroïnes en revanche, oui. Elles auraient certainement pu être amies même ; elle se seraient comprises mieux que personne. Là aussi, tout comme Renée (« la hérissonne »), il s’agit d’un petit bout de femme, modeste, plus réfléchie que belle, plus touchante et surprenante qu’attirante. Et là aussi, elle cache quelque chose.

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Dans l’œuvre de Grégoire Delacourt, elle s’appelle Jocelyne. Mercière à Arras, elle mène une existence plutôt tranquille avec son mari, même si la flamme s’est éteinte depuis longtemps, depuis qu’ils ont perdu un « petit ange » comme elle dit. Ses deux autres enfants sont partis et ses seules amies sont les jumelles qui tiennent le salon d’esthétique en face de sa mercerie. Elle vit sa vie par procuration, elle la rêve et l’imagine bien plus belle qu’elle ne l’est. D’ailleurs c’est ce qu’on aime chez elle : son optimisme.

Et puis, un beau jour, elle joue au loto. Et gagne. Sauf qu’elle décide de cacher son chèque dans sa semelle de chaussure et de ne pas en parler…

 

On se laisse alors prendre par ce roman subtil et délicat, écrit tout en finesse et on s’attache tout de suite à cette femme que rien ne destinait à vivre l’exceptionnel, mais qui va enfin s’écouter. Comme un roman initiatique, elle se révèle au monde, au bonheur, à la liberté. Et pour cela, elle fait des listes de tout ce qu’elle pourrait se permettre avec sa nouvelle fortune, et qu’elle ne se permettra pas.

Mais attention, c’est aussi et surtout un livre qui fait réfléchir. A notre rapport à l’argent, au changement, au regard des autres et de soi-même, à l’envie, à la simplicité… Très loin de tomber dans les clichés de “l’argent, c’est sale » ou de prôner un “retour à une vie faite d’amour et d’eau fraiche », ce petit roman est la révélation du printemps.