Demain, j’arrête!, de Gilles Legardinier

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Aussi détendant que facile à lire, ce roman est parfait pour l’été, sur la plage, dans un transat ou même dans le métro, quand tous ces visages bougons se regardent en chiens de faïence.

Avec une héroïne aussi drôle et déjantée que Julie, on n’est pas près de s’ennuyer. Un peu comme une bonne copine, on suit avec intérêt et impatience ses péripéties, toutes plus incroyables les unes que les autres. Parfois un peu tiré par les cheveux, ce livre est tout de même très agréable à li

re, ne serait-ce que parce qu’il est bien écrit -intelligemment-, et fluide.  On y trouve beaucoup de mots d’esprit, de situations cocasses racontées toutes en délicatesse et en -bon- humour, ce qui est assez rare pour être noté.

Seule la fin est un peu décevante, mais au final ce n’est pas pour ça qu’on lit Demain, j’arrête! On a passé un bon moment, Julie et son entourage sont un peu devenus nos meilleurs amis le tempsde 400 pages, et c’est tout ce qui compte.

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La pendue de Londres, de Didier Decoin

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Voilà un roman qui se savoure. Comme un bon vin, on le lit par petites lampées pour faire durer le plaisir. Non pas que l’histoire -vraie- soit particulièrement réjouissante (les vies en parallèle de l’exécuteur officiel du Royaume d’Angleterre et d’une pin-up d’après guerre qui vont malheureusement se croiser…), mais l’atmosphère, les personnages, et surtout l’écriture font de La pendue de Londres un grand roman.

Dans le Londres brumeux des années 40, Albert Pierrepoint est donc le bourreau le plus réputé de l’Angleterre. Il pend ses victime avec beaucoup de professionnalisme et (si, si) d’humanité. Il le fait par devoir pour la Couronne, certainement pas par pour le prestige. Caché derrière sa cagoule, il vit d’ailleurs très mal le fait d’être reconnu après avoir -pourtant- tué les surveillants nazis des camps de concentration.

Il ne veut plus pendre de femmes, c’est trop dur, juge-t-il.
Mais voilà, quelque part dans ce Londres obscur, Ruth Ellis, une jolie femme qui ressemble a Marilyn Monroe, évolue dans le monde de la nuit, de la prostitution et de la débauche. Soumise à tous les hommes qui vont croiser sa route (à commencer par son père), ils abuseront d’elle comme d’un animal. Jusqu’au jour où elle tue à bout portant son amant du moment… Elle sera après cet évènement la dernière condamnée à mort d’Angleterre.

On assiste alors à la rencontre entre un homme usé par son métier et une femme désabusée par la vie et fatiguée de son existence.

Ce livre est un condensé de sensibilité, romancé à merveille par un académicien qui ne démérite pas de sa notoriété. Il est très difficile de se détacher de ces personnages si riches et attachants, et de l’histoire si palpitante. Un moment de lecture comme on aimerait en avoir plus souvent…

Le journal intime d’un arbre, de Didier Van Cauwelaert

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C’est un bon livre. Pour autant, je n’arrive pas vraiment à montrer plus d’enthousiasme face à ce roman que je trouvais très prometteur en me le procurant.

La vie d’un arbre, de sa plantation (et même avant) à sa chute (et même après)… Comment il continue à vivre dans la vie de ceux qui l’ont côtoyé, son rôle dans leur existence et leur quotidien. À la manière d’un journal intime à la première personne, Didier Van Cawelaert construit une histoire fantastique mais finalement pleine de réalisme, dont on attend une poésie quasi bucolique.

Malheureusement au fil de la lecture, on reste un peu sur sa faim. Alors qu’on peut s’attendre à un roman tout en profondeur, qui pose de vraies questions sur notre rapport à la nature, aux autres, à la vie et à la mort (bon je concède que j’en demande peut-être un peu trop !), il s’agit finalement d’une sorte de conte, qui se veut profond et réfléchi mais qui finalement reste plutôt en surface.

C’est aussi là le style de l’auteur : aborder de vrais sujets de société et d’humanité en restant léger et quelque peu détaché, certainement pour garder une certaine délicatesse et pour permettre au lecteur de se poser lui-même les bonnes questions.

Il serait donc absolument déplacé et injuste de taxer ce livre de mauvais ou d’ennuyeux – et très loin de moi l’idée de dénigrer un auteur qui a su autant nous transporter avec ses excellents La demi-pensionnaire, L’éducation d’une fée ou encore Hors de moi –  ; disons juste qu’il n’était pas à la hauteur de mes espérances, avec ce scénario que je trouvais pourtant excellent et mettant en scène le meilleur témoin des époques successives. 100 pages de plus auraient peut-être permis de l’étoffer et de le préciser, et ainsi de plus nous faire voyager dans le temps comme dans l’espace.

Vous l’aurez compris, difficile pour moi de départager mes sentiments à la lecture de ce roman. Je ne peux donc que vous encourager à vous en faire une idée par vous-même !

On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps : Les derniers jours des grands hommes, de Patrick Pelloux

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Voilà un livre pour le moins original, à ne pas lire à n’importe quel moment ni dans n’importe quelle circonstance -mais si on ne lit pas ce genre de livre pendant les vacances d’été, quand le ferons-nous ?!- : il raconte la fin des grands hommes. Alors évidemment, suivant les époques et le contexte, les propos sont plus ou moins « trash ».

En utilisant des mots crus et sans détour, Patrick Pelloux, médecin de profession, revient sur les pathologies qui ont frappé ceux qui ont fait l’Histoire, et qui les ont emportés. Certaines sont d’une violence inouïe, et il faut avoir le cœur bien accroché (et l’estomac vide) pour lire les détails. Malgré tout, le regard du médecin est intéressant sur les méthodes de soin de l’époque, et les aberrations qui en découlaient.

Mais avant toute chose, ce livre est un vibrant et sincère hommage à certaines personnalités qui ont marqué l’auteur et leur temps. De Jésus à Churchill en passant par Flaubert, Zola, Jean Moulin, Lully, les rois de France ou encore Marie Curie, il dépeint les agonies avec un vrai génie et beaucoup d’admiration. Excepté pour Staline, où le récit est empreint d’une jouissance non dissimulée.

Une écriture toute en vérité, qui rétablit certaines rumeurs qui ont pu courir et qui remet en place des idées reçues. C’est étrange de prendre autant de plaisir à lire des morts (pour certaines horribles), mais mon petit doigt me dit que le professionnalisme et la plume acerbe de Patrick Pelloux n’y est pas pour rien…