La lettre d’Helga, de Bergsveinn Birgisson

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre ne laisse pas indifférent… Ce roman puissant et intense se lit vite, d’une traite, et laisse un souvenir fort pendant quelques jours ensuite.

L’histoire, c’est celle d’un vieillard islandais qui, au bord de la tombe, écrit à celle qui fut l’Amour de sa vie, un amour malheureusement impossible. A travers sa lettre, on apprend beaucoup sur le mode de vie des campagnards islandais au milieu du XXème siècle, on traverse des paysages époustouflants et on s’attache à ces personnages un peu rustres, mais si authentiques.

Il faut souligner le travail de traduction remarquable livré par Catherine Eyjolfsson ; sur ce point – et c’est le gros avantage de la collection Zulma – on n’est vraiment pas déçus. Les mots sont tous trouvés avec une justesse infinie, et donnent un rendu impeccable de l’ambiance et des péripéties du roman.

Cependant, il s’agit d’un livre très singulier, comme il m’a peu été donné d’en lire, et je n’arrive pas vraiment à savoir si je trouve cela positif ou non. Les situations sont très souvent extrêmement crues, voire dérangeantes. En effet, le héros nous livre ses ressentis et expériences érotiques – plus que sexuelles – sans détour, ses pensées les plus intimes ainsi que certains de ses comportements qui flirtent parfois avec l’indécence. On ne peut pas nier encore une fois l’intensité et la sensualité de l’écriture ; les descriptions sont incroyables, les sens en éveil extrêmement bien retranscrits … mais il faut parfois avoir le coeur bien accroché pour lire certains passages ! Non pas que je sois particulièrement en quête de pudeur dans mes lectures, mais je ne m’attendais pas spécialement à lire cela en ouvrant La lettre d’Helga.

Si je devais donc résumer cette lecture, je dirais qu’il s’agit d’un roman extrêmement précis et juste – ce qui constitue une prouesse en si peu de pages -, qui va à l’essentiel et qui reste en mémoire. Ceci étant dit, elle n’en reste pas moins très surprenante quant à l’intensité de certaines situations. Peut-être faut-il alors le lire en connaissance de cause ?